Heureux qui comme Ulysse a exploré l’« un » certitude

Dans un monde régi par l'incertitude, il existe "un certain", à découvrir et à célébrer.
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Il n’est pas nouveau que le monde soit incertain. L’acronyme VUCA[1] (Volatility, Uncertainty, Complexity & Ambiguity) fleurit depuis des années.

La vitesse et la complexité des changements, leurs paradoxes vont croissant, augmentant l‘incertitude. Et celle-ci engendre du questionnement, du doute, de la peur, de la panique voire. Elle conduit à des décisions inconscientes qui bloquent tout le système (sidération) et/ou l’emballent (retraite/fuite, bataille (compétition sur le tarmac ?)/agressivité).

Pourtant il est un domaine dans lequel il est possible de trouver de la stabilité pour agir, pour décider. Au lieu de s’enfermer dans l’incertain, chacun a le pouvoir de trouver et de compter sur « un certain ». Cela se trouve à l’intérieur de soi-même. Chacun a des forces et des ressources. Chacun a une éducation qui structure, un parcours de vie riche d’expériences fondatrices. Chacun a des compétences. Chacun a des valeurs qui guident. Chacun peut avoir un miroir intérieur pour voir toute cette richesse et pour décider quoi en faire, comment la valoriser au mieux, au service de tous.

Parce que cette richesse n’a de sens que partagée.

Pour la trouver, se la révéler à soi-même, il importe d’être décidé et certain qu’elle existe.

Il importe de se mettre en quête, en mouvement, d’entreprendre un voyage d’exploration de soi-même. Le seul but est plus de soi-même, sans égo(t)isme au contraire, plus de plénitude.

Dans ses bagages, la curiosité, l’ouverture d’esprit, la soif de découvrir avec humilité « Je sais… que je ne sais rien et que j’ai tout à apprendre » (Alexandra David-Néel), la bienveillance vis-à-vis de ce qui va émerger, l’accueil des rencontres et la volonté d’être surpris, déséquilibré et émerveillé. La magie de l’âme (qui) agit.

Pour entreprendre ce beau voyage, deux viatiques à glisser dans les bagages, des mots d’encouragement du poète Antonio Machado d’abord « Voyageur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant » complétés par ceux d’Alexandra David-Néel « Je porte tous mes biens en moi ».

Tout est déjà là, ne demandant qu’à se dévoiler au fil du chemin. Un certain…

Le pèlerinage intérieur a sans doute démarré, sans bruit depuis plusieurs semaines. Dans celles qui s’annoncent jusqu’à mi-mai, il est encore temps de faire un beau voyage, comme Ulysse.

De se connecter à l’essentiel, ce qui est déjà dans sa maison (son être, le Un Certain) et de se détacher du superflu (paraître et avoir, l’Incertain).

Heureux qui comme Ulysse

Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage,

Ou comme celui-là qui conquit la toison,

Et puis est retourné, plein d’usage et raison,

Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village

Fumer la cheminée, et en quelle saison

Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,

Qui m’est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux,

Que des palais Romains le front audacieux,

Plus que le marbré dur me plaît l’ardoise fine,

Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin

Plus mon petit Liré, que le mont palatin,

Et plus que l’air marin la douceur angevine.

Joachim du Bellay, Regrets (1558)


[1] VICA : Volatilité, Incertitude, Complexité & Ambiguité

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Viviane Strickfaden

Révélateur de lumière | Accompagnement des décideurs